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la « consultation » sur le blocage de l’université Paris 1 ou comment manipuler un referundum 15 novembre 2007

Posted by Maitredeconf' in politique.
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On arrête pas le progrès. Face aux « incessantes attaques des bloqueurs », la Présidence de l’Université Paris 1 a décidé de proposer aux étudiants une consultation en ligne portant sur les modalités d’actions souhaitées par les étudiants de l’université. A priori jusqu’ici difficile d’être contre, même si une consultation en ligne ne vaudra jamais l’élan romantique des fameuses assemblées générales. Premier problème, l’Université ne reconnaît plus la légitimité des AG:

« Compte-tenu des conditions de déroulement des assemblées générales et des votes organisés sous le contrôle des bloqueurs, elle ne reconnaît pas le résultat de ces AG comme l’expression représentative de l’opinion des étudiants. »

Communiqué de la Présidence de l’Université

Heureux hasard, puisque l’assemblée générale venait justement juste de voter le blocage.. Mais revenons à la consultation en ligne. On peut se féliciter d’une volonté de consulter les étudiants. Difficile par contre de comprendre la question posée aux étudiants, qui n’est pas vraiment conçue pour appaiser les tensions.

« Indépendamment de mon opinion sur la loi LRU et de mon souhait éventuel d’exprimer une opposition ou une approbation de cette loi, je considère comme inacceptable l’installation de piquets de grève et autres obstructions visant à interdire aux étudiants et enseignants qui le souhaitent l’accès aux locaux universitaires, au centre Pierre Mendes France comme sur tout site de l’université ».

Bel exemple d’orientation de la question. Etudiant, choisis ton camp!

Je n’ai pas de religion sur les blocages. Je suis sceptique même sur certaines motivations des revendications (sauf que pour le moment, on ne nous demande pas de nous prononcer sur le fonds mais sur les modalités d’actions). Mais par principe, et pour protester contre la méthode utilisée par l’université, j’ai décidé d’exprimer mon opposition à la proposition de l’université.

Légitimité d’une AG contre légitimité d’une consultation en ligne? Si le choix d’une question biaisée dans son intitulé est censé répondre à « l’infiltration des AG par des éléments extérieurs », on est pas prêt de répondre à la question. La logique de l’affrontement a de beaux jours devant elles..

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Commentaires»

1. Thomas - 16 novembre 2007

La question posée par l’universitée était : « vous, étudiants, êtes vous pour ou contre le blocage ? »
Quel est l’apport de la réponse à cette question ?
Soit une majorité des étudiants ayant votés sont pour le fait de bloquer l’ensemble des étudiants. C’est la démocratie, la dictature de la majorité.
Soit une majorité des étudiants ayant votés sont contre le fait de bloquer l’ensemble des étudiants. C’est la démocratie, la dictature de la majorité.
Tel est le principe du réferendum, expression direct et universel d’un choix.

L’autre alternative à la dictature de la majorité est la dictature de la minorité : la dictature du parti.
Nous vivons dans un régime démocratique libéral et non dans un régime totalitaire autoritaire.
Au romantisme révolutionnaire s’oppose la froide comptabilité de la démocratie. Peut etre votre coeur balance-t-il, le mien préfère laisser à chacun la possibilité de s’exprimer, et surtout d’être écouté et respecté.

La proposition de choix de la présidence est une incitation à la confrontation ?
Que dire du fait de bloquer ?
Il sagit bien entendu d’une stratégie pacifiste, fondée sur le dialogue, dont le but est la production d’une solution rationnelle, acceptable par tous. La légimité du blocage est absolue, n’importe quel quidam, au vu de la justice qui le fonde, ne peut que respecter les principes de cette forme d’action, et ainsi accpeter les résultats en tant que manifestation d’un processus juste et équitable. Vous m’avez compris.
Ce referendum ne faisait que demander à tous de se prononcer sur le choix de quelques uns.

Sans discuter sur le fond de ce choix, la simple observation de sa forme montre qu’a été ici opposé une justice formelle, le référendum, à une action idéaliste, l’imposition d’un point de vue unique et minoritaire.

Il m’apparait évident que le seul moyen de réhabiliter la légitimité du blocage et de nier celle de l’expression démocratique de la majorité.
C’est ce que font les syndicats et autres groupes étudiants idéologiques.
C’est bien tout le problème des orgnisations étudiantes « représentatives », qui par leurs actions sapent aussi bien ce qui fut leur condition d’existence que ce qui devrait constituer leur référence idéologique.

Mesdames et Messieurs, soyez contradictoire avec vous mêmes, mais je vous en prie, si vous ne respectez pas des principes tels que la démocratie, la liberté d’exprimer un choix politique, la liberté de ne pas être opprimé par le choix d’une minorité, ne les niez pas, et reconnaissez ne pas les considérer.

2. remibaz - 19 novembre 2007

Tu n’as pas bien du lire ce que j’ai écrit. La question posée n’était pas, comme tu le dis: “vous, étudiants, êtes vous pour ou contre le blocage ?”
mais « je considère comme inacceptable l’installation de piquets de grève et autres obstructions visant à interdire aux étudiants et enseignants qui le souhaitent l’accès aux locaux universitaires », ce qui me parait beaucoup moins neutre comme question.

Tu peux etre certain que si la question avait été « Considérez vous que le blocage soit la forme d’action appropriée car la seule à même de permettre aux étudiants, notamment les étudiants boursiers, de participer au mouvement », la réponse aurait été toute différente.

Je suis pour les votes à bulletin secret et toute autre modalité permettant de prendre en compte l’opinion des étudiants. je ne suis pas de ceux qui refusent les votes dès lors qu’ils sont minoritaires. Je constate seulement que l’université a répondu à une provocation par une autre provocation en choisissant un tel intitulé de question.

C’est bien dommage mais l’intitulé de la question décrédibilisait de fait la consultation.

3. Thomas - 26 novembre 2007

Pourquoi « installer des piquets de grève ou autres moyens d’obstructions » ?
Pour « interdire aux étudiants et enseignants qui le souhaitent l’accès aux locaux universitaires ».
A priori, d’autres effets peuvent etre attendus de cette action.

Pourtant l’expérience nous rappelle que ce genre d’action fut autrefois préméditée dans le but mentionné ci dessus.
Rappellons nous le CPE.

Certes, il n’y a aucune nécessité entre le fait d’installer des piquets et vouloir interdire le déroulement des cours. Le piquet n’est pas la négation du cours.
Mais nous pouvons constater que ce but est bien celui des bloqueurs à l’heure d’aujourd’hui, ils interdisent de fait le déroulement des cours. De plus un étudiant à pour fonction d’étudier et un eneignant celle d’enseigner. La question se pose aux titulaires de la fonction d’étudier. Il s’agit d’un problème en rapport avec cette fonction.

Donc cette implication, des piquets contre les cours, est une généralisation fondée sur l’expérience lointaine et récente et confirmée par l’expérience actuelle. La récurrence des expériences corroborant cette croyance nous permet de croire en sa forte probabilitée.

Par conséquent cette question revient à ; etes vous pour ou contre les méthodes qui empêchent d’étudier, c’est à dire voulez vous étudier ou bien etes vous contre le fait de bloquer, ( de vous empecher d’étudier) votre lieu d’études. « La présidence » n’a fait que détailler les méthodes mises en oeuvres par le bloqueurs. Elle fut entachée de la violence qui entoure les termes de « piquets » et autres menaces propres aux problématiques de « terrain ». C’est la dure réalité des combats … « sociaux ».

Elle aurait pu au contraire poser la question sous une forme bien plus générale, êtes vous pour ou contre le blocage ?
Cette formulation à le mérite d’être moins polémique, plus claire, plus abstraite. Plus neutre comme tu dis. Mais elle aurait été aussi bien plus défavorable aux bloqueurs.
Si la majorité s’exprime contre le blocage et que ce terme n’est pas défini, toute activité peut etre suspecté d’oeuver contre la volonté majoritaire. Le champ de l’interdiction et du controle aurait été sans limite autre que celle apportée par un nouveaux vote. aurait ainsi pu etre interdite toute réunion des anti lru en amphi etc etc.
‘la présidence » a ici fait preuve de libéralisme, elle essayé de distinguer les causes nécessaires à l’instauration d’un blocage et les a soumis à l’appréciation populaire. Le but de la question était claire, interdire ou non le blocage, les moyens à mettre en oeuvre (ou à contrer ) aussi, indentifier les causes probablement nécessaires et les interdire.

On remarque que aussi bien la question abstraite que la question concrète ne sont pleinement satisfaisantes. La question abstraite appele un autre vote, celui de position de la majorité des étudiants par rapport à cette loi.
Il serait en effet impensable que la présidence consulte quotidiennement les étudiants sur les mesures à prender pour empecher les bloqueurs de nuire à leur volonté. Il serait tout autant impensable de laisser la présidence libre d’agir comme elle l’entend contre les bloqueurs avec pour seule légitmité celle apportée par ce vote.

Or demander aux étudiants leur avis sur la question de l’autonomie des facs revient à leur reconnaitre cette autonomie, celle de s’exprimer et de choisir leur situation.
Si les étudiants se prononçent pour la loi LRU, les bloqueurs sont discrédités par leurs propres camarades. Une oppisition avec l’expérience du referendum peut se former et revendiquer ces « droits ». Les opposants de l’autonomie seront donc boutés par des étudiants autonomes pour ensuite revendiquer cette autonomie. Cela est bien compliqué. Il est sage d’éviter ce genre de situation.
Si les étudiants se prononçent contre la loi lru alors on se retrouve avec une bande d’étudiants se voulant suffisamment autonomes pour choisir leur situation, refuser les choix du contribuable élécteur qui assure leur financement, mais ne se considérant pas assez autonome pour accpeter cette loi sur l’automie des fac. De quoi faire enrager n’importe qui et ridiculiser le monde universitaire.

Force est de constater que cette question fut le meilleur choix. Elle permit de se fixer sur l’opinion des étudiants par rapport aux blocage et de déterminer les contres mesures nécessaires, le tout en une seule consultation. Ont ainsi été évitées les dérives mentionnées ci dessus, qui reviennent toutes, en somme, à une manifestation d’autonomie « hors » la loi (ou avant la loi) qui aurait pour conséquence de gravement désordonner la fac de l’intérieur et de la ridiculiser vis à vis de l’extérieur.

Cette question décridiblise les bloqueurs mais leur laisse un semblant de « dignité », ils peuvent vaquer à leurs diverses activités de bloqueurs, mais sans rien bloquer. Ils ont donc la liberté de continuer à manifester leur opposition mais dans le respet de la liberté des autres.

On peut évidemment se demander comme tu le fais, si il n’aurait pas été judicieux de préserver d’avantage la sensiblité des romantiques bloqueurs.

“Considérez vous que le blocage soit la forme d’action appropriée car la seule à même de permettre aux étudiants, notamment les étudiants boursiers, de participer au mouvement”.
Cette question renverse complètement le débat.Tu demande si le blocage est la mesure la plus à meme de permettre aux étudiants de participer aux mouvement de contestation contre la loi lru. La question de la « présidence » était adressée aux étudiants étudiant, et non aux étudiants opposants, qui ne sont qu’une partie des étudiants. Cela n’a rien d’un referendum. Sauf si l’on revient sur la définition d’étudiant et que l’on en trouve une qui satisfasse aux condition du référendum et à l’intitulé de ta question.
Cette définition est celle d’étudiant manifestant et non celle d’étudiant étudiant. La fonction de l’étudiant est de manifester et non celle d’étudier. C’est son devoir. Par conséquent le lieu ou se réalise cette fonction, l’université, n’est pas un lieu d’enseignement mais un lieu de manifestation. Le citoyen contribuable paye les étudiants pour manifester et non pour étudier.
Effectivement, je comprends tout à fait que cette question paraisse révoltante et HS à tes yeux et à ceux qui partagent ton point de vue, si il est bien le tien. Je comprends encore plus que cette loi soit effrayante. Le moindre referendum sur la définition d’étudiant serait fatal pour l’université ou pour vous meme. Sans aller jusqu’à montrer au grand jour votre inconséquence par le biais d’un referendum, cette loi signerait en effet la fin, (je l’espère), de ce genre de conception.
Personnellement, je crois qu’un étudiant qui étudie est bien plus engagé et concerné par notre monde qu’un étudiant qui bloque. Je crois qu’il en va de meme en ce qui concerne l’étudiant qui veut étudier et celui qui manifeste pour ne pas étudier, ou étudier moins dur, ce qui revient au même. L’universté est le lieu de la liberté de penser, d’agir, et l’autonomie est l’une des conditions de la liberté, si ce n’est la condition première. Pensons à ce qu’était la Sorbonne à sa création au XIII, une association libre et intégralemement autonome d’enseignants et d’étudiants solidaires, pensons à ce que sont les universités du reste du monde. Pensons à ce qu’est et à ce que doit etre l’Université.


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