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Le communiqué du rêve 4 juin 2007

Posted by Maitredeconf' in littérature, politique, Vu d'ailleurs.
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Je reviens d’une soirée d’hommage à Samir Kassir, l’historien et journaliste libanais, le fondateur du Mouvement de la Gauche Démocratique assassiné il y a deux ans. Deux ans. L’année dernière nous étions sur la place de l’Hotel de Ville où l’hommage avait pris la forme d’un rassemblement. J’y avais pris la parole, à la demande de nos amis de la Gauche. Cette année, c’était à l’Institut du Monde Arabe. C’était des interventions résumant l’engagement et la multiplicité des parcours qui aura marqué la vie intellectuelle libanaise. Je ne suis pas un spécialiste de l’Histoire Libanaise, je n’ai pas de prétention à l’être. Mais derrière l’Histoire d’un homme assassiné pour tout ce qu’il représentait, pour la liberté de son engagement académique, journalistique et politique, il y a forcément une certaine émotion. Parceque l’Homme qui a écrit sur les considérations sur le malheur arabe, qui dénoncait la culture de la mort, inspirait et donnait espoir. C’est cet espoir que les obscurantistes ne pouvaient supporter et que tant cherchent aujourd’hui à véhiculer. Deux ans après, le Liban a changé. Mais Le printemps inachevé ne finit plus de l’être. C’est tout cela sur lequel il faut avancer. Faire que ce pays passionnant puisse vivre comme il l’entend sa liberté. Ah oui, j’oubliais. La musique était magnifique. Mais ce n’était surement pas un hasard.

***

Forcément après cela, tout vous semble dérisoire. Je rentre, un paquet de copies m’attends. Je crois qu’elles attendront demain.

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 » Nous, soussignés, les citoyens libanais, 

    Parfaitement conscients des différences idéologiques, politiques et confessionnelles qui servent à justifier la lassitude et la passivité de certains d’entre nous, sommes également conscients que ce pluralisme est un atout favorable à la réalisation de notre rêve d’une patrie sainement rétablie. Notre rêve est ausi simple que le fait d’avoir confiance en l’avenir.  

    Ce dont nous rêvons est un pays qui s’nerichit de ses différences, un pays libéré des contraintes confessionnelles et claniques. Nous rêvons d’un Etat dévoué à ses citoyens, protégé par une justice indépendante et clairement légitimé par un soutien populaire. Un Etat qui Etat qui échappe aux allégeances et cloisonnements confessionnels. Nous rêvons d’une société libre qui évolue dans le respect du principe d’égalité dépassant les limites traçées par les appartenances traditionnelles, une société non-soumise aux divisions aliemntées par les laquais des services de renseignement. 

    Nous rêvons d’une culture démocratique dont le bouillonnement s’étendrait aux autres pays arabes, une culture qui prend parti pour la libération de la Palestine, et qui ne craint pas l’expression de la liberté, ni en Syrie, ni en Irak. »

Samir Kassir. « Le communiqué du rêve », 16 Janvier 2004, in Liban: un Printemps inachevé. 

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Le rêve…

Les capitalistes vus de là-bas 22 mai 2007

Posted by Maitredeconf' in littérature.
2 comments

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Ca se passe au Congo. C’est l’histoire de Verre cassé, un client assidu du Crédit a voyagéi, un bar congolais crasseux. C’est un délicieux ouvrage de Alain Mabanckou: « Verre Cassé », je vous en livre un extrait. Je vous invite à le lire.

« L’escargot entêté est toujours là, et pourtant il est toujours debout, résolu comme un joueur d’échecs, et il a vu les années passer en un combat douteux, et il a vu les jaloux se lasser de lui chercher des poux dans la tonsure, et il a résisté à la conjuration des imbéciles et il a vu les autres commerçants le traiter de sorcier, d’Oudini, d’Al Capone, d’Angoualima l’assassin aux douze doigts, (…) , et surtout de capitaliste, un injure grave quand on est traité ici de capitaliste, c’est pire que si on insultait le con de votre maman, le con de votre soeur, le con de votre tante maternelle ou paternele, et c’est grâce au président-général des armées que nous detestons les capitalistes, on peut être traité de tout dans notre pays, sauf de capitaliste, ça peut justifier le devoir de violence, ça peut justifier une bonne bagarre de classes sociales, un mortel réglement de comptes, parceque le capitalisme, c’est quand même le diable ici, il a un gros ventre, il fume des cigarres cubains, il roule en Mercedes, il est chauve, il est égoïstement riche, il fait de la magouille et tout le bazar, il fait l’exploitation de l’homme par l’homme, de la femme par la femme, de la femme par l’homme, de l’homme par la femme, parfois même il fait l’exploitation de l’homme par l’animal car il y a pleins de gens qui sont payés juste pour nourrir, garder et promener les animaux du capitaliste, et donc on avait traité notre barman de capitaliste, il avait laissé passé cette injure grave, l’Escargot entêté avait résisté et s’état régugié dans sa bave de gastéropode endurci, (…) »

J’adore..

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